En 2020, 310 millions de tonnes de déchets ont été produits en France. Dans le détail, 277 millions de tonnes découlaient des activités économiques, selon les données de l’Ademe. Produire fait naître, mécaniquement, des déchets. Les entreprises, au coeur
de la transition écologique et de la lutte contre le dérèglement climatique, ont un grand rôle à jouer dans la réduction de leurs déchets, ainsi que dans leur valorisation

Toutes les entreprises – ou presque – sont concernées. Le site « Entreprendre. Service-Public » est clair : « Votre entreprise est concernée par l’obligation de tri à la source si elle produit ou détient des déchets, c’est-à-dire si votre activité génère des déchets, ou si votre personnel jette des déchets. » Une définition qui englobe donc un grand panel de sociétés. Ainsi, au sein de ces entreprises, de multiples catégories de déchets sont concernées par l’obligation de tri à la source, à l’instar du papier, des métaux, des plastiques, du verre, du bois, des biodéchets, ou encore des huiles alimentaires. Et cette liste n’a pas la prétention d’être exhaustive. D’ailleurs, dès le 1er janvier 2025, s’ajouteront les déchets de textiles.

Trier les Déchets en Entreprise, Quelles Possibilités ?

On l’a dit, ce sont les entreprises qui sont responsables de leurs propres déchets. Plusieurs possibilités s’offrent à elles en vue de collecter les déchets, au premier chef le plastique, en fonction notamment de leur taille et du volume de déchets. Nombre de structures ont tout simplement mis en place le tri sélectif, c’est-à-dire que des bacs de tri sélectif dédiés sont installés directement dans les locaux de l’entreprise, et les salariés y sont sensibilisés. D’autres entreprises font appel à des prestataires spécialisés, sollicités pour venir collecter auprès de l’entreprise cliente les déchets. Ces prestataires proposent des bacs de collecte en fonction des besoins de l’entreprise, et assurent une collecte régulière. Enfin, certaines entreprises ont fait le choix de recourir à des points de collecte externes, comme les centres commerciaux ou déchetteries. Entre autres.

Cap Eco Recycling, par exemple, fait partie des acteurs de l’économie circulaire, et propose la reprise de matières plastiques en fin de vie ou de chutes de production. Il mentionne la possibilité aux entreprises de se faire racheter leur plastique – qui aura ensuite une seconde vie. « En général, le rachat des matières plastiques se fait sur la base d’un prix au kilo, qui peut varier en fonction de la qualité et de la quantité des déchets », peut-on lire sur le site Internet. Avant d’ajouter, les secteurs concernés : « Industrie : par exemple pour l’industrie agroalimentaire, pharmaceutique, cosmétique, électronique ou d’emballage, les déchets plastiques peuvent être nombreux. La collecte peut concerner les contenants de manutention, de conditionnements, les palettes plastique, les emballages et films, les intercalaires, les caisses et sceaux, etc. […] Pour les centres de distribution, plates-formes logistiques, M.I.N., sociétés réalisant du co-packing (conditionnement à façon) ou groupage-dégroupage. Il peut s’agir du recyclage de palettes, emballages, films, intercalaires, caisses et sceaux ». D’autres secteurs sont concernés comme la plasturgie.

Un Intérêt pour les Entreprises

Si l’on s’appuie sur les recommandations et conseils de Bpifrance, qui accompagne au quotidien les entreprises françaises, voici pourquoi les organisations auraient tout intérêt à prendre au sérieux la réduction et la valorisation des déchets. En découlent effectivement nombre d’avantages, parmi lesquels, cite Bpifrance :

  • « réduire les coûts liés à l’élimination traditionnelle des déchets, permettant de faire des économies sur le long terme ;
  • répondre aux objectifs réglementaires et se mettre en conformité avec la législation (loi Agec qui impose, par exemple, la valorisation des biodéchets) ;
  • limiter son impact environnemental en réduisant ses émissions de gaz à effet de serre (GES) et donc contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique ;
  • promouvoir une démarche d’économie circulaire ;
  • diminuer sa dépendance aux énergies non renouvelables en faisant le choix de la valorisation énergétique, c’est-à-dire transformer les déchets en sources d’énergie ;
  • renforcer sa Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE) ;
  • proposer une image vertueuse à ses clients et améliorer sa marque employeur en démontrant ses engagements environnementaux. »

Un Créneau Porteur pour le Business

Accompagner les entreprises dans leur tri des déchets, leur réduction et leur valorisation… Nombre d’acteurs ont décidé d’en faire un business. Créneau porteur tant les besoins sont criants ! Dès 2011 par exemple Augustin Jaclin et Emmanuel Bardin, amis depuis la maternelle, créaient Lemon Tri à la sortie de leurs études. Une entreprise qui propose des solutions de tri et de recyclage pour lutter contre l’enfouissement et l’incinération des déchets, tout en veillant à l’insertion professionnelle de personnes éloignées de l’emploi. Lemon Tri – entreprise de l’économie sociale et solidaire, agréée ESUS et certifiée B Corp – propose un recyclage incitatif des emballages de boisson dans des grandes surfaces. Mais au-delà des particuliers, Lemon Tri s’adresse aussi directement aux entreprises, avec dans les bureaux des installations du matériel de tri et la collecte des déchets, tout en garantissant leur recyclage 100 % matière et en circuits courts. Hôtels, aéroports, événements… Tous les secteurs sont concernés. Pernod Ricard, par exemple, a sollicité Lemon Tri pour sa gestion des déchets : « La RSE fait partie des leviers de transformation de Pernod Ricard France. Au sein de notre nouveau siège Les Docks (2020, ndlr) nous avons pour objectif de tendre vers des déchets 100 % valorisables. Pour répondre à notre ambition, nous avons fait appel à Lemon Tri, notre partenaire dynamique et local. Grâce à eux nous avons pu impliquer nos collaborateurs en leur montrant les bons gestes de tri et faire d’eux les premiers ambassadeurs de notre démarche. »

Cyrkl, née à Prague en 2019, a de son côté développé l’idée d’un « Vinted » du déchet industriel. Concrètement, l’entreprise a mis au point une marketplace qui rassemble des entreprises qui veulent vendre ou acheter des déchets. Le but est assez simple : faciliter leur réutilisation ou leur recyclage ! « Dans un contexte de raréfaction des matières premières, il devient impératif de trouver de nouvelles solutions d’approvisionnement. De plus, l’extraction de ces matières a un impact écologique conséquent. L’ambition de Cyrkl est de faciliter les interactions sur le marché des déchets et matières recyclées pour augmenter le taux de réutilisation des ressources », défend l’entreprise sur le site « J’aime Les Startups ». À en croire les chiffres de Statista, le secteur du recyclage en France a généré un chiffre d’affaires de 11 milliards d’euros en 2023. Contre environ 9 milliards d’euros cinq ans plus tôt. Le recyclage, secteur pérenne pour les entreprises en quête de CA et d’impact environnemental. Comme quoi l’un n’est pas toujours l’ennemi de l’autre.

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