Les entrepreneurs sauveront-ils le monde ? Leurs solutions sont le plus souvent concrètes, simples et rapides à mettre en place. Finance, mobilité, alimentation… tous les secteurs ont de quoi se verdir. Zoom sur dix entrepreneurs français qui ont fait de leur business un allié de l’environnement. 

Les entrepreneurs retenus par la rédaction apparaissent par ordre alphabétique.

Lucie Basch, la serial-entrepreneure

Passée par les usines de Nestlé au Royaume-Uni et abasourdie face à cette « logique » du « produire toujours plus », Lucie Basch part s’installer en Scandinavie où elle rencontrera les futurs cofondateurs de Too Good To Go.

Lancée en France en 2016, l’application repose sur un principe simple : faire en sorte que les invendus des commerçants ne soient pas jetés mais bel et bien vendus à des prix cassés en fin de journée à des citoyens responsables et, par la même occasion, économes.

Le succès est immédiat. Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? L’entrepreneure à impact(s) poursuit son combat environnemental avec de nouveaux projets, comme Climate House, une communauté qui réunit entrepreneurs, investisseurs, associations, activistes, etc. réunis pour un seul et même but : construire un monde plus respectueux du vivant.

En avril 2025, Lucie Basch cofonde avec des anciens de Too Good To Go l’application Poppins, dédiée aux particuliers et spécialisée dans la location d’objets du quotidien.

Maud Caillaux, visage d’une finance positive

Maud Caillaux a décidé de s’attaquer directement à la source de toutes les externalités qui peuvent exister : l’argent ! Consciente que nous n’avons plus le temps « d’abattre le système avant que les conséquences du dérèglement climatique soient irréversibles », l’entrepreneure défend une écologie pragmatique où « les armes du système » seront son plus fidèle allié.

Votre épargne donc. C’est le pari qu’elle se lance en cofondant Green-Got en 2020, aux côtés d’Andrea Ganovelli.
L’idée ? changer de banque pour changer le monde !

Green-Got, via l’épargne de ses clients qui dort tranquillement sur leurs comptes bancaires, finance uniquement des projets à impact positif (oubliez donc les énergies fossiles).

En 2025, la fintech française engagée pour la défense de l’environnement a signé un partenariat avec SNCF Connect, un rapprochement qui permettra d’être remboursé de 1 à 2 % sur le montant d’un billet de train.

Julie Chapon, défenseure de la transparence

Julie Chapon aurait pu dédier sa vie à une carrière dans le conseil. En 2016 alors qu’elle participe à un hackathon avec deux amis, François et Benoit Martin, tous les trois doivent en un week-end proposer un projet informatique. En ressort un objet connecté en forme de carotte, permettant de décrypter les étiquettes des produits alimentaires. C’est la naissance de Yuka.

Concrètement l’application scanne le code-barres des produits alimentaires et cosmétiques et décrypte leur composition. Les consommateurs découvrent donc l’impact de leurs achats sur la santé… mais aussi l’environnement ! Puisque Yuka a également participé à la démocratisation de l’écoscore qui permet de connaître l’impact environnemental des produits.

Julie Chapon a fait de la transparence son cheval de bataille. Premier enjeu avant de revoir nos pratiques et évoluer dans un monde un peu plus durable demain. En février 2024 Julie Chapon et ses équipes ont obtenu la certification B-Corp pour leurs évaluations sociales et environnementales.

Mamadou Dembele, l’entrepreneur-influenceur

C’est l’un des visages de l’écologie positive. Mamadou Dembele ne s’attendait peut-être pas à un tel destin, lui qui est né au Mali d’une mère infirmière et d’un père formateur au sein de l’Agence nationale pour l’emploi. Avant de grandir à Bobigny (93) et dans le XVIIe arrondissement de Paris.

Il a d’abord côtoyé le monde de la finance avant de bifurquer vers l’influence… et les bonnes nouvelles environnementales ! Cet entrepreneur – coup de cœur du classement des 35 jeunes leaders positifs Positiv/Les Échos – est à la tête du compte The Impact Story sur les réseaux sociaux, où il met en lumière des avancées technologiques, des start-up et des figures méconnues engagées dans la préservation de la planète.

Mamadou Dembele, loin des discours catastrophistes sur l’environnement, partage ce qui fonctionne, les belles initiatives porteuses d’espoir pour un avenir meilleur. Et comme ça fait du bien ! L’entrepreneur accumule prix (à Station F, à l’université Paris Dauphine-PSL) et interventions des plus prestigieuses (notamment à l’Unesco)… Logique.

Julia Faure, l’anti fast-fashion

Elle aussi s’avance comme un espoir au milieu d’incertitudes, sociales et environnementales. Julia Faure, diplômée d’AgroParisTech, a donné vie à sa propre marque de vêtements aux côtés de Guillaume Declair : Loom.

Son défi ? produire moins, certes, mais produire mieux ! Sans pub ni promotions artificielles, qui servent simplement à « nous faire acheter un tas d’objets, de vêtements en l’occurrence, dont nous n’avons pas besoin », expliquait-elle dans nos colonnes en 2024.

C’est une entrepreneure qui a pour mission la lutte contre la fast-fashion. Le combat est grand et difficile. Mais elle le porte haut et fort, et pointe le rôle des entreprises pour bâtir un monde nouveau et durable. Réaligner les intérêts économiques des entreprises avec l’intérêt commun, voilà ce qu’elle défend au Mouvement Impact France, dont elle est vice-présidente depuis 2023 aux côtés de Pascal Demurger.

Ses actions ne passent pas inaperçues, puisque l’entrepreneure arrivait à la deuxième place du top 35 des « jeunes leaders positifs » 2023.

Guillaume Gibault, intimement français

Il avait parié pouvoir vendre n’importe quoi, comme des slips sur Internet… Guillaume Gibault, en créant Le Slip français en 2011, a tenu ses engagements.

Faut-il changer de slip pour changer le monde ? L’entrepreneur, d’abord salarié pour Bio c’ Bon en est convaincu. Pour l’engagé, fabriquer à l’autre bout du monde pour pas grand-chose, pour ne pas dire rien, mais dans des conditions déplorables, acheminer le tout en France et vendre à bas coût… n’a aucun sens.

C’est un système absurde et évidemment contraire aux impératifs de l’époque. Ses slips sont donc évidemment fabriqués en France. Son combat est bien plus large : avec l’Usine du futur au salon du made in France en 2022, Guillaume Gibault tenait à montrer les atouts de la filière textile française, et reconnecter le grand public avec l’usine.

L’entrepreneuriat, c’est aussi des coups durs. Confrontée aux difficultés, l’entreprise a tourné la page du 100 % premium et cassé ses prix. Depuis février 2025, Le Slip français compte produire en plus grand volume, grâce à son usine textile basée à Aubervilliers (93).

Thibaud Hug de Larauze, le pari de l’économie circulaire

Ce jeune homme, fils de bonne famille, n’a pas chômé. Thibaud Hug de Larauze a réussi, à 26 ans seulement, à cofonder – aux côtés de Vianney Vaute et Quentin Le Brouster – ce qui est devenu l’acteur de référence du reconditionné en France, Back Market.

Pour l’entrepreneur écolo, sa mission est claire : faire de l’économie circulaire la nouvelle norme de consommation ! En résumé, la plateforme permet aux consommateurs d’acheter des milliers de produits reconditionnés et remis à neuf par des professionnels certifiés.

Pari réussi pour Thibaud Hug de Larauze qui est parvenu à rendre désirable l’achat d’un smartphone reconditionné dans une société où l’achat neuf et compulsif a toujours grandement sa place.

Back Market fait partie des licornes françaises, soit les start-up valorisées à plus d’un milliard de dollars. Si avec ça on prétend encore que business et protection de l’environnement ne peuvent toujours pas aller de pair…

Thomas Huriez, l’optimiste

Fabriquer les produits à moins de 1 083 km de nos clients, soit la distance qui sépare les deux villes de l’hexagone les plus éloignées : Menton et Porspoder. Tel est le credo de Thomas Huriez, ex-directeur informatique qui a fini par troquer ses tableurs Excel pour l’adrénaline de l’entrepreneuriat.

Ce défenseur du fabriqué en France crée 1083 en 2013. Un jean origine France garantie, l’entrepreneur a su relocaliser en France les dix étapes de fabrication du jean.

« Je dis souvent : vive le greenwashing ! Il y a 15 ans, mes sujets étaient marginaux et aujourd’hui tout le monde en parle, ce qui renforce notre légitimité. Certaines grandes entreprises racontent ce que nous faisons, nous, réellement. À quoi bon dénoncer le greenwashing ? Communiquer n’est-ce pas se condamner à l’engagement ? Alors si celui-ci est durable… c’est une bonne chose », défendait-il dans les colonnes d’EcoRéseau Business.

Optimiste… N’est-ce pas ce que l’on attend d’un entrepreneur ?

Frédéric Mazzella, l’entrepreneur solidaire

C’est peut-être le taulier. Frédéric Mazzella est à l’origine de BlaBlaCar (qui existait sous le nom de Covoiturage.fr dès 2004). Oui, ces trajets en covoiturage grâce auxquels vous parcourez la France à moindre coût en remplissant des voitures habituellement vides et grâce auxquels vous rejoignez Noirmoutier… depuis Limoges, un mardi matin !

Ce n’est pas cher, c’est écolo et ce peut être agréable en fonction des passagers évidemment… Bref BlaBlaCar est devenue la référence du covoiturage en France.

L’entrepreneur se consacre aujourd’hui à un nouveau projet : « Dift », soit la contraction de « don » et « gift », et ex-Captain Cause. Le credo : simplifier les dons en faveur des causes sociales et environnementales, et donner un nouveau souffle au mécénat d’entreprise.

Concrètement, ce sont les clients et les collaborateurs qui sont mis à contribution pour sélectionner la cause qui leur tient à cœur grâce à des dons préfinancés par l’entreprise.

L’expression « Je te fais un Dift » va-t-elle s’imposer dans le langage courant ?

Fanny Picard, la pionnière

L’Essec, Rothschild & Co, Danone, Wendel. Fanny Picard aurait pu se contenter d’une carrière toute tracée. Mais en 2007, place à l’entrepreneuriat avec Alter Equity, une société de gestion pionnière de l’investissement à impact, qui ne finance que des projets utiles pour tous et pour l’environnement.

Pour l’entrepreneure, donc, la croissance verte n’est pas un oxymore ! L’objectif de Fanny Picard et de ses équipes est d’accélérer notre transition vers un capitalisme responsable. Un peu moins de 30 start-up ont été financées depuis la création d’Alter Equity.

En plus de l’environnement, l’entreprise prête aussi attention à la parité dans les entreprises au sein desquelles elle investit… avec une demande bien précise : que les entreprises intègrent au moins 30 % de femmes dans les Comex !

En renonçant à la politique très jeune (elle s’était présentée en tant que tête de liste aux élections municipales de 1995), Fanny Picard a eu raison de porter ses actions via l’aventure entrepreneuriale, où elle excelle depuis presque vingt ans.

Sans oublier 

Nicolas Chabanne

(C’est qui le patron ?!)

Ambroise Collon

(Les Nouveaux Géants)

Justine Hutteau

(Respire)

Benoit Lemaignan

(Verkor)

Eva Sadoun

(Lita.co)

Geoffrey Wetzel

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