C’est peut-être la pierre angulaire qui caractérise notre nouvelle façon de travailler. Au lendemain de la crise covid-19, le télétravail – encouragé par les uns et boudé par les autres – fait encore toujours autant couler de l’encre. Parmi les débats autour du travail à distance : est-il bénéfique pour l’environnement ?
Amazon a tranché : le télétravail, c’est fini. Certes le mastodonte américain n’est pas un exemple en matière de qualité de vie au travail, mais le retour en arrière de certaines entreprises interroge. D’autant plus que les salariés s’y étaient habitués. Une étude du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc), publiée en juillet 2024, révèle qu’en 2022, 28 % des salariés ont eu recours au télétravail. Et dans le détail : parmi eux, 8 % travaillaient exclusivement à domicile, 16 % le faisaient au moins une fois par semaine, et 4 % de manière plus occasionnelle. Surtout, s’ils avaient le choix, 49 % des employés souhaiteraient télétravailler. Cette quête de travail à distance, qui semble plaire à nombre de collaborateurs, va-t-elle de pair avec la préservation de la planète ?
Des effets positifs indéniables…
Entre 20 et 30 % d’économie d’énergie lors d’une fermeture de site sur une journée. Voilà l’enseignement de l’étude lancée par le ministère de la Transition énergétique sur le bilan énergétique du télétravail et révélée en 2023. Le télétravail indique donc des premiers résultats positifs, à en croire cette étude réalisée par l’Ademe et l’IFPEB (Institut français pour la performance du bâtiment). Des bénéfices qui tiennent compte évidemment de la distance domicile-travail : l’expérimentation montre qu’en région, les économies d’énergie sont 2 à 4 fois plus importantes qu’à Paris !
… Malgré quelques inconvénients
Mais travailler chez soi fait-il augmenter la hausse de consommation d’énergie au sein des logements des télétravailleurs ? Oui mais ce ne serait pas aussi néfaste qu’un déplacement sur son lieu de travail. « L’effet rebond lié à une hausse des consommations d’énergie dans les logements des télétravailleurs est de 1,4 kWh sur une journée de télétravail passée chez soi. La consommation journalière moyenne d’un foyer étant de l’ordre de 20 à 40 kWh, l’effet rebond est compris entre 3,5 % et 7 % […] Cet effet rebond est très limité, particulièrement au regard des gains réalisés sur les déplacements et les bureaux », peut-on lire sur le site du gouvernement.
En revanche, le télétravail peut aller de pair avec un déménagement du salarié, au sein d’un logement plus éloigné de son lieu de travail. « Le télétravail a toujours un effet positif sur les émissions de CO2 […] Cependant, cet effet est atténué par le fait que les télétravailleurs choisissent souvent de vivre à la campagne, loin de leur lieu de travail », explique pour Ouest-France Yves Crozet, économiste et professeur à Sciences Po Lyon. Enfin, les plus aisés qui recourent au télétravail pourraient aussi utiliser beaucoup plus la voiture le week-end ou voyager davantage, et notamment en avion.
Geoffrey Wetzel










