Vous venez de dégager l’allée et les feuilles la recouvrent déjà. Faut-il recommencer partout ? Pas forcément. Sous les haies et dans les massifs, elles peuvent rester au sol ; sur les passages, mieux vaut les retirer lorsqu’elles gênent ou deviennent glissantes. Le bon geste dépend de l’endroit où elles tombent.

Les feuilles mortes ne sont pas seulement une corvée d’automne. Elles peuvent protéger la terre, alimenter le compost et offrir des abris à la petite faune. Pour savoir que faire des feuilles mortes, commencez donc par séparer les zones où elles sont utiles de celles qui doivent rester dégagées.

Sous les arbres et les haies, laisser travailler le sol

Dans un massif ou sous une haie, les feuilles forment une couverture qui se décompose progressivement. La matière organique retourne ainsi au sol. La LPO rappelle l’intérêt de laisser une litière de feuilles, qui abrite notamment des insectes et d’autres petits animaux.

Vous pouvez conserver un coin moins entretenu, éloigné du passage, avec des feuilles et quelques branchages. Une fois ce refuge installé, évitez de le remuer régulièrement. L’idée n’est pas de fabriquer un décor parfait, mais de laisser une partie du jardin évoluer tranquillement.

Sur les allées et la pelouse, regarder ce qui s’accumule

Sur des marches, une terrasse ou un chemin fréquenté, les feuilles humides peuvent rendre le passage glissant. Ramassez-les au râteau ou au balai, puis déplacez-les vers une zone où elles seront utiles. Vérifiez aussi qu’elles n’obstruent pas les évacuations d’eau accessibles.

Sur la pelouse, quelques feuilles dispersées ne justifient pas un nettoyage systématique. En revanche, une couverture épaisse, humide et persistante peut étouffer le gazon. Retirez cet excès plutôt que de chercher à débarrasser tout le jardin de la moindre feuille. Gardez les outils motorisés pour les situations qui le nécessitent réellement.

Dans les massifs, transformer le ramassage en paillage

Les feuilles récupérées sur les passages peuvent couvrir une terre nue au pied des arbustes ou entre les plantations. L’ADEME présente les feuilles mortes parmi les matières utilisables pour faire du paillage au jardin. Cette couverture limite le dessèchement, freine certaines herbes indésirables et nourrit le sol en se décomposant.

Répartissez-les sans recouvrir les petites plantes ni les accumuler contre leurs collets. Commencez par une couche aérée, puis observez sa tenue après la pluie et le vent. Écartez les feuilles issues de végétaux malades pour ne pas les remettre au pied de plantes sensibles au même problème.

Au compost, garder une réserve de feuilles sèches

Les feuilles sèches apportent une matière utile pour équilibrer les déchets de cuisine humides. Mettez-en une partie de côté, à proximité du composteur, puis incorporez-les progressivement en mélangeant les apports. Une grosse masse de feuilles tassées se décompose moins facilement qu’un mélange aéré.

Toutes les feuilles n’évoluent pas à la même vitesse. Certaines restent longtemps reconnaissables : cela ne signifie pas que le compost est raté. Vous pouvez réserver les plus coriaces au pied des haies et garder les plus faciles à mélanger pour le composteur. Dans les zones refuges, laissez les feuilles entières afin de préserver la faune qui s’y abrite.

Éviter le feu et l’évacuation automatique

Le brûlage des déchets verts au jardin est interdit sauf dérogation applicable, rappelle Service Public. Si vous ne pouvez pas utiliser toutes vos feuilles sur place, renseignez-vous auprès de la collectivité sur la collecte ou la déchèterie.

Le plus simple est souvent de procéder en deux temps : dégager d’abord les accès, puis répartir ce que vous avez ramassé entre les massifs, le compost et un coin refuge. Vous gardez un jardin praticable sans transformer chaque chute de feuilles en aller-retour pour vous en débarrasser.

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